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09/03/2010

Bockel et le management en cœur de pierre !

Le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté attribue « la palme de l’insalubrité » à la prison de Mulhouse (France Soir du 6 mars).

Et au contrôleur de rajouter : « qu’il n’a jamais été confronté, dans un établissement pénitentiaire, à une situation aussi dégradée depuis le début de sa mission. ».

 

« Dès qu’on en a eu connaissance, on a pris des dispositions, ce qui fait que ce rapport est déjà dépassé », précise Jean-Marie Bockel dans la presse locale.

Faux ! Le contrôleur général déclare que « les quelques actions positives ponctuelles menées depuis sont loin d’avoir assaini la catastrophique situation » (Le Matin journal suisse du 4 mars).

Et ceci dure depuis 30 ans !

 

Au-delà des graves questions d’insalubrité, ce sont bien les problèmes de relations humaines et de management qui gangrènent la prison : « conflits internes incessants entre la direction et le personnel, violences habituelles entre les détenus ».

De nouveaux murs n’y changeront rien qu’ils soient construits à Ensisheim ou à Lutterbach.

Un proverbe chinois dit « le poisson pourri toujours par la tête ». En terme d’incapacités managériales de nos élus, les salariés de la Ville et de la MAA ont de quoi témoigner ici et là.

 

Notre sous ministre tente de s’appuyer sur ce rapport pour justifier l’implantation de la maison d’arrêt départementale à Lutterbach et de clamer dans la presse nationale qu’il souhaite s’inspirer de l’établissement de Witzwil (Suisse) dont les prisonniers travaillent librement aux champs.

Mensonges ! La prison de Witzwil a une capacité de 184 détenus, la nouvelle prison départementale est prévue pour 400 à 700 places.

Le site suisse dispose de 825 hectares de terre agricole (400 vaches, un millier de cochons, une centaine de poulets et autant de chevaux). Rien de tout cela ne sera possible sur Lutterbach.

 

D’un modèle à taille humaine, Bockel va construire un monstre d’inhumanité à Lutterbach

Bockel ne sort pas de l’impasse !

Samedi 6 mars le collectif pour la mémoire de Jean Grimont organisait une marche en son hommage. Plus de cinquante personnes étaient présentes, la famille de Jean Grimont, tous les mouvements de gauche, le monde syndicaliste et associatif ainsi que des habitants de Bourtzwiller.

La presse locale titre : « Grimont au milieu de nulle part », « Jean Grimont mérite mieux qu’un moignon de rue ».

 

Qui était Jean Grimont ?

« Fidèle et intègre socialiste, il a été député, conseiller général, conseiller régional, adjoint au maire et président du conseil de quartier de Bourtzwiller. Engagé sur les questions sociales, il a contribué à la création de SURSO et de l’hôtel du Pont. Il portait en lui les valeurs de solidarité, de fraternité et d’égalité. »

Et au collectif de rappeler : « On peut dire sans se tromper avec ses amis ouvriers Roger Imbery, René Seltenmeyer et d’autres qu’il a ouvert une voie royale à gauche à un jeune avocat en mal de notoriété. C’est ainsi que Mulhouse est redevenue socialiste en 1989. »

 

Un petit effort monsieur Bockel, sortez de votre impasse !

 

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23/02/2010

Le rapport Ruetsch ou le miroir aux alouettes

Chaque année voit éclore son rapport et ses préconisations sur la prévention de la délinquance. 2010 n’y échappe pas, voici le dernier cru : le rapport Ruetsch-Bockel avec 60 propositions et 20 bonnes pratiques en 146 pages.

Comme les précédents, celui-ci a un arôme idéologique d’immédiateté où règne la confusion entre causes et conséquences, sans analyse globale de la complexité des situations.

 

Qui est Jean-Yves Ruetsch ?

 

Sur quoi se base-t il ?

«…. le nombre annuel d’infractions commises par les mineurs a doublé depuis les années quatre-vingt-dix. Mais ce phénomène reste méconnu, faute d’outil permettant de croiser les approches sociologique, judiciaire, médicale… Les pouvoirs publics ne savent donc pas quelle réponse apporter à un phénomène en évolution… ».

Bien étrange constat lorsque chacun peut suivre les nombreuses études sociologiques faites depuis les années 90 : le phénomène est bien connu, les diagnostics sont posés depuis longtemps et les outils existent.

La violence est inversement proportionnelle à l’intégration sociale. Depuis les années 1980 (1ères alertes de la crise économique), la France voit effectivement les faits de délinquance augmenter. Les difficultés de l’emploi couplées aux situations discriminatoires (envers l’immigration postcoloniale en particulier) sont le terreau de cette situation explosive : la violence qui agite les jeunes est une réponse à la violence qu’ils subissent en continuité de leurs ainés. Les plus jeunes, à force de voir leurs grands frères et parents sombrer dans les difficultés sociales, économiques et sans issue ne voient plus d’avenir possible.

 

Et le catalogue des propositions ?

Si la question n’était pas aussi sérieuse, les réponses apportées nous feraient bien mourir de rire : elles traitent la délinquance comme une maladie au détriment d’une approche sociale et éducative.

 

Haro sur les parents : il faut leur apprendre à être de bons parents responsables. Bockel confesse que sur cette question «les mesures prises à Mulhouse avaient eu des résultats en "demi-teinte, les parents étant totalement déconnectés ». Et si c’était la Maison des Parents qui était « totalement déconnectée » ? Nombre de sociologues posent comme hypothèse le fait que les parents et les travailleurs sociaux assument parfaitement leur rôle, ce qui explique que les révoltes urbaines de 2005 n’ont pas pris plus d’ampleur.

 

Haro aussi sur les métiers éducatifs, « il faut les professionnaliser » et en inventer un nouveau : « éducateur de la délinquance » (est-ce un lapsus ?). Une manière d’imposer le « devoir de signalement » et d’entériner la fin du secret professionnel pour le tout sécuritaire? Pourtant la formation des éducateurs est encadrée depuis très longtemps par des parcours diplômant et parfaitement qualifiés.

Il préconise « d’améliorer la coopération entre les acteurs »… Mais comment cela serait-il possible dans une logique tout sécuritaire qui ne respecte ni le cadre des missions, ni les codes déontologiques et qui dénie les situations humaines ?

 

Haro sur les jeunes et leur obligation de s’insérer : travaux d’intérêt général, stages de citoyenneté, mesures de réparation… La jeunesse va marcher au pas ! Le terme de « réinsertion » n’est pas anodin… Étaient-ils au moins insérés initialement dans une école où ils ne trouvent pas leurs repères (par manque de moyens), dans des entreprises où ils n’y ont pas la moindre place et enfin dans une citoyenneté qui leur est niée ?

 

Le must des propositions de J.Y. Ruetsch-Bockel : des « assises sur la prévention de la délinquance juvénile ». Quand ils n’ont pas d’idée alors ils créent des assises, des états généraux, des grenelles…De Gaule disait des « commissions », nous avons échappé au plan Marshall … mais pas au  miroir aux alouettes.

 

Alors qu’il suffirait simplement pour ces jeunes d’avoir un peu d’espoir en un avenir meilleur : du boulot en proportion des autres populations quand le chômage les touche deux fois plus, des ressources pour leurs proches et la reconnaissance de ce que leurs parents et grands-parents ont offert à la terre où ils sont nés.

 
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