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23/02/2010

Le rapport Ruetsch ou le miroir aux alouettes

Chaque année voit éclore son rapport et ses préconisations sur la prévention de la délinquance. 2010 n’y échappe pas, voici le dernier cru : le rapport Ruetsch-Bockel avec 60 propositions et 20 bonnes pratiques en 146 pages.

Comme les précédents, celui-ci a un arôme idéologique d’immédiateté où règne la confusion entre causes et conséquences, sans analyse globale de la complexité des situations.

 

Qui est Jean-Yves Ruetsch ?

 

Sur quoi se base-t il ?

«…. le nombre annuel d’infractions commises par les mineurs a doublé depuis les années quatre-vingt-dix. Mais ce phénomène reste méconnu, faute d’outil permettant de croiser les approches sociologique, judiciaire, médicale… Les pouvoirs publics ne savent donc pas quelle réponse apporter à un phénomène en évolution… ».

Bien étrange constat lorsque chacun peut suivre les nombreuses études sociologiques faites depuis les années 90 : le phénomène est bien connu, les diagnostics sont posés depuis longtemps et les outils existent.

La violence est inversement proportionnelle à l’intégration sociale. Depuis les années 1980 (1ères alertes de la crise économique), la France voit effectivement les faits de délinquance augmenter. Les difficultés de l’emploi couplées aux situations discriminatoires (envers l’immigration postcoloniale en particulier) sont le terreau de cette situation explosive : la violence qui agite les jeunes est une réponse à la violence qu’ils subissent en continuité de leurs ainés. Les plus jeunes, à force de voir leurs grands frères et parents sombrer dans les difficultés sociales, économiques et sans issue ne voient plus d’avenir possible.

 

Et le catalogue des propositions ?

Si la question n’était pas aussi sérieuse, les réponses apportées nous feraient bien mourir de rire : elles traitent la délinquance comme une maladie au détriment d’une approche sociale et éducative.

 

Haro sur les parents : il faut leur apprendre à être de bons parents responsables. Bockel confesse que sur cette question «les mesures prises à Mulhouse avaient eu des résultats en "demi-teinte, les parents étant totalement déconnectés ». Et si c’était la Maison des Parents qui était « totalement déconnectée » ? Nombre de sociologues posent comme hypothèse le fait que les parents et les travailleurs sociaux assument parfaitement leur rôle, ce qui explique que les révoltes urbaines de 2005 n’ont pas pris plus d’ampleur.

 

Haro aussi sur les métiers éducatifs, « il faut les professionnaliser » et en inventer un nouveau : « éducateur de la délinquance » (est-ce un lapsus ?). Une manière d’imposer le « devoir de signalement » et d’entériner la fin du secret professionnel pour le tout sécuritaire? Pourtant la formation des éducateurs est encadrée depuis très longtemps par des parcours diplômant et parfaitement qualifiés.

Il préconise « d’améliorer la coopération entre les acteurs »… Mais comment cela serait-il possible dans une logique tout sécuritaire qui ne respecte ni le cadre des missions, ni les codes déontologiques et qui dénie les situations humaines ?

 

Haro sur les jeunes et leur obligation de s’insérer : travaux d’intérêt général, stages de citoyenneté, mesures de réparation… La jeunesse va marcher au pas ! Le terme de « réinsertion » n’est pas anodin… Étaient-ils au moins insérés initialement dans une école où ils ne trouvent pas leurs repères (par manque de moyens), dans des entreprises où ils n’y ont pas la moindre place et enfin dans une citoyenneté qui leur est niée ?

 

Le must des propositions de J.Y. Ruetsch-Bockel : des « assises sur la prévention de la délinquance juvénile ». Quand ils n’ont pas d’idée alors ils créent des assises, des états généraux, des grenelles…De Gaule disait des « commissions », nous avons échappé au plan Marshall … mais pas au  miroir aux alouettes.

 

Alors qu’il suffirait simplement pour ces jeunes d’avoir un peu d’espoir en un avenir meilleur : du boulot en proportion des autres populations quand le chômage les touche deux fois plus, des ressources pour leurs proches et la reconnaissance de ce que leurs parents et grands-parents ont offert à la terre où ils sont nés.

16/02/2010

Bockel, Samuel Weis et l’Art comptant pour rien !

Dans son livre « Mulhouse du passé au présent », Jean Marie Bockel écrivait en 1983 :

« Avoir une politique culturelle ne consiste pas, pour les responsables de la cité, à imposer leurs goûts personnels mais à favoriser la liberté des expressions ».

 

A Mulhouse, nous avions déjà en 2005 « les Arches de Buren »... Après le champ de patates du Bollwerk, voici  les motifs décoratifs pour papier peint : les rébus de Tobias Rehberger !

Michel Samuel Weis, notre grand collectionneur d’art contemporain a choisi Tobias Rehberger pour réaliser le marché public d’art, soit 1% du budget tram. Comme si Mulhouse et l’Alsace ne disposaient d’aucune compétence artistique ! Comme si les Mulhousiens étaient incapables d’exprimer quelques goûts ou avis en matière d’art, car bien évidemment ils n’ont pas été consultés sur le choix de l’artiste.

 

« Ces rébus sont là pour créer du lien » dixit Michel Samuel Weis !

Merci à l’Alsace pour la traduction car « l’alphabet n’est pas facilement reproductible »…. Mais certains d’entre eux claquent comme une gifle provocatrice au fronton d’immeubles (pas si privés que çà) des quartiers populaires. Ainsi sur le Pax, le rébus signifie « Les meilleurs voyages, c’est confirmé, sont souvent ceux qu’on s’abstient de faire ». Dans un quartier où une grande partie de la population ne peut s’offrir de vacances ! A moins que ce rébus veuille faire référence aux expulsions Bessonesques.

Puis, encore à Bourtzwiller, rue de la Tuilerie : « Parfois, des vacances réussies peuvent aussi être la réussite d’une illusion ». Et aussi, avenue de Colmar celui-ci qui résonne comme un grand mystère : « Il n’y a d’étranger en l’étranger que l’étranger ». Qui comprend quoi dans ces paroles de bobos ?

Peut être qu’en cherchant à comprendre ces rébus, les Mulhousiens en oublieront leur frigidaires vides, les files d’attentes et sans issues du pôle emploi !

Même Frédéric Mitterrand lors de sa visite à Mulhouse n’a pas osé s’exprimer sur les rébus, il est vrai qu’il n’est pas très enclin à l’art contemporain.

 

Pendant ce temps, les graines d’artistes dans les quartiers ainsi que les artistes confirmés de Mulhouse s’étranglent de ne recevoir aucun soutien ou alors des miettes de commandes publiques.

 

Nous, Droite Moderne de Mulhouse, proposons à Tobias Rehberger d’imprimer en rébus sur le fronton de la mairie : SECURITE, ELITISME, PRECARITE.

10/02/2010

Prisons : Jean-Marie Bockel s’enferme !

Vétusté des maisons d’arrêt de Colmar et Mulhouse, surpopulation carcérale dénoncée depuis des années. Notre journal local L’Alsace l’annonçait depuis des semaines : la prison départementale du Haut-Rhin sera construite à Lutterbach.

Notre sous-ministre et sous-maire Jean-Marie Bockel déclamait le 5 février dernier lors de l’annonce officielle en sous-préfecture : « Quand j’étais jeune député, en 1981 ou 82, on en parlait déjà avec le Garde des Sceaux Robert Badinter ». C’était en 1981…En trente ans il ne s’est rien passé, aucune réponse au problème.

 

En 1983 dans son livre « Mulhouse du passé au présent », Bockel décriait en ces termes la politique carcérale : « En sur-peuplant les prisons on fabrique des délinquants irrécupérables, c’est encore pire »… 

Mais avec la politique sarkozyenne des gardes à vue, double peines, incarcérations effrénées ; les maisons d’arrêt ne risquent pas de voir diminuer le nombre de leurs résidants.

A Mulhouse : plus de 400 détenus pour 300 places. A Colmar : plus de 160 détenus pour 120 places (chiffres de juin 2009).

Une prison départementale ne changera rien à l’affaire car l’idéologie sécuritaire -dénoncée unanimement par les plus grands spécialistes et la littérature sur le sujet abonde-  est bien l’outil de propagande privilégié du gouvernement d’ouverture actuel et mis en œuvre par Bockel à Mulhouse.

A ce sujet, JMB écrivait en 1983 : «Actuellement se développe ce que j’appellerais une idéologie sécuritaire… Loin de réduire l’insécurité, cela l’accentue en dressant les gens les uns contre les autres et en privilégiant la méfiance réciproque »…

 

Pourquoi une maison d’arrêt départementale à Lutterbach ?

JMB trouve que « le site est assez idéalement situé, sans problème de voisinage »… Cachez ce lieu que je ne saurais voir!

Une nouvelle prison toute automatique et déshumanisée, éloignant encore plus les détenus de leurs peu de contacts sociaux hors des murs. De quoi augmenter le nombre des suicides.

Et les gens de Lutterbach, ils en disent quoi, avaient-ils d’autres ambitions pour cette réserve foncière? « Bockel se prend pour le maire de Lutterbach » : pour suivre et signer la pétition.

Bockel a terminé son allocution par : « Il n’y aura pas de plan B ». Circulez, il n’y aura aucune concertation !

 

Quant au devenir de ces bâtiments anciens -Mulhouse 1865 et Colmar XIVème  siècle- Bockel, interrogé par les journalistes, répond : « on verra en 2015 »… date de livraison des travaux !

Bel exemple d’absence de prospective et de vision… Surtout lorsque l’on se souvient des dénonciations de Bockel en 1983 à l’égard d’Emile Muller : « La gestion d’Emile Muller sera caractérisée par l’absence totale de prospective et de politique d’ensemble… On se contente de gérer au jour le jour.... Abandon de la politique sociale, abandon de la notion de service public, privatisation de certains services et introduction de la notion de rentabilité dans d’autres dont le coût devient ainsi prohibitif »…

La (bonne) presse locale dijonnaise titrait le 4 février : « Jean-Marie Bockel à Dijon : une visite pour rien ! ».

 

 
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